Harcèlement professionnel

Le harcèlement professionnel est un thème au croisement de plusieurs domaines : médical, social, judiciaire, le monde du travail, le politique.



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Psychologie du travail - Gestion des ressources humaines - Santé - Violence au travail

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  • Le harcèlement professionnel est du harcèlement moral, mais il n'en est ... La définition que donne M. F Hirigoyen du harcèlement moral au travail est :" il ... que les techniques de harcèlement psychologique sont précisément la violence... (source : alain.noury.free)
  • ... Le harcèlement professionnel est aujourd'hui à la mode... connu des médias, ... qui peuvent s'exprimer au travail de différentes manières :... (source : manipulateur.e-monsite)
  • ... arrow, Lutte contre la violence... "Le harcèlement professionnel est un comportement fautif répété dont le caractère vexatoire, ... à la dignité perturbe l'exécution du travail de la personne qui en est victime".... (source : mega.public)

Le harcèlement professionnel est un thème au croisement de plusieurs domaines : médical, social, judiciaire, le monde du travail, le politique. Il fait régulièrement l'une de nombreux journaux : «le harcèlement au travail», «le stress des cadres», «le burn out» (Syndrome d'épuisement professionnel)...
Le livre de Marie-France Hirigoyen Le harcèlement moral s'est commercialisé à des milliers d'exemplaires et a été traduit en une vingtaine de langues.

La violence au travail est un phénomène préoccupant partout dans le monde et en forte progression. Les entreprises et les pouvoirs publics ont été conduits à prendre des mesures pour la prévenir et tenter de la diminuer. Dans les entreprises, on fait de plus en plus fréquemment appel aux services de psychologues, psychiatres, de structures de soutien psychologique, de débriefing... après avoir créé dans les années 70, 80, les Directions des Ressources Humaines (les fameuses DRH) qui ont remplacé les services du personnel.

Depuis un certain nombre d'années, la violence au travail et ses répercussions sur la santé font l'objet d'études menées par les médecins du travail et les médecins psychiatres. Ils témoignent des pathologies nouvelles qui touchent actuellement l'ensemble des catégories de salariés : de l'employé ou l'ouvrier, aux cadres. C'est un phénomène nouveau : la souffrance au travail concerne toute la hiérarchie.

Un bilan de la violence au travail

Un rapport du B. I. T. (Bureau international du travail) à propos d'une enquête sur 15 États de l'Union européenne en 1996 (15800 interviews).

En France :

Violence et travail ont toujours cohabité mais si le travail était jadis la source d'une violence physique, actuellement il est de plus en plus associé à une violence psychologique. Cette violence trouve en grande partie son origine dans les nouvelles formes d'organisation du travail et de management apparues il y a une trentaine d'années qui ont conduit à une dégradation des relations sociales, à la précarisation du travail et au chômage.

Quand on évoque des cas de violence, il faut faire attention à bien la nommer pour que chacun comprenne bien de quoi il s'agit. Une difficulté qu'il faut intégrer : selon les milieux professionnels ou sociaux, les niveaux de recevabilité de la violence ne sont pas les mêmes.

Définitions

Le harcèlement moral au travail est une conduite abusive (geste, parole, comportement, attitude…) répétée ou systématique visant à dégrader les conditions de travail de la victime du harcèlement. Ces pratiques peuvent causer des troubles psychiques ou physiques mettant en danger la santé de la victime, homme ou femme. Le harcèlement moral est un délit en France depuis le vote de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 prévu et réprimé à l'article 222-33-2 du Code Pénal (1 an d'emprisonnement et 15.000€ d'amende). L'article L. 122-49 du Code du Travail en donne la définition : "Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits ainsi qu'à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "

Il existe aussi un autre type de harcèlement dit «harcèlement sexuel» c'est une conduite non désirée à caractère sexuel qui vise, selon les statistiques, en particulier les femmes, mais ne laisse pas les hommes à l'abri pour tout autant.

Le harcèlement est parfois utilisé pour pousser des salariés à la démission; une méthode a été décrite en détail par Gernot Schieszler, directeur du personnel de Telekom Austria[1]


Origine du mot travail

On rappelle que le mot travail a comme origine latine : Trepallium qui est un instrument de torture.

La violence

C'est "un abus de force", une force brutale utilisée pour soumettre quelqu'un. C'est une contrainte exercée par la force. On est passé de la notion de contrainte physique à la notion de contrainte morale.

Le mobbing

Décrit par un psychologue du travail suédois en 1993, Heinz Leymann, c'est un processus de harcèlement d'une victime par un ou plusieurs persécuteurs suite à un conflit banal. C'est un processus auto-entretenu et répété sur une longue période qui se manifeste surtout par des comportements, des paroles, des gestes, des écrits unilatéraux, de nature à porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychique de l'autre. Il a un effet destructeur sur l'équilibre psychique de l'individu et sur son insertion sociale. Il aboutit presque toujours à une exclusion du salarié victime ainsi qu'à de graves troubles psychiques ou physiques.

Définition de M. Drida : "Souffrance infligée sur le lieu de travail de façon durable, répétitive et ou systématique par une ou des personnes à une autre personne par tout moyen relatif aux relations, à l'organisation, aux contenus ou aux conditions de travail en les détournant de leur finalité, manifestant ainsi une intention consciente ou inconsciente de nuire ou alors de détruire. "

La violence au travail selon Christophe Dejours, c'est la contrainte physique exercée sur la victime. Les causes des souffrances constatées sont la domination et l'injustice.

On peut distinguer deux types de violence au travail :

La violence externe

Elle concerne l'ensemble des individus qui occupent des métiers dans les entreprises de services, qui ont un rôle social : banques, commerces, transports de fond, poste, police, sécurité sociale, transports urbains... Les agressions génèrent des traumatismes psychiques et/ou physiques. De nombreux travaux ont conduit à la reconnaissance de la notion de victime ainsi qu'à la création toujours particulièrement récente en France, d'un diplôme de victimologie.

La violence interne

On n'est plus ici dans un traumatisme violent et unique, survenant brutalement, mais face à des agressions répétées et durables, qui ont une finalité. On peut distinguer :


Les techniques de mobbing concernant un individu "la victime" comportent des agissements visant à :

Les mécanismes psychiques en jeu

La psychopathologie du travail étudie les gens au travail, sur le lieu de travail réel. Elle sert à comprendre comment les travailleurs parviennent à éviter la maladie mentale. Christophe Dejours a spécifiquement étudié les nouvelles formes d'organisation du travail et la santé mentale. Dans son ouvrage "Souffrance en France", il s'interroge sur les raisons qui amènent les salariés à participer à des situations génératrices de leur propre souffrance ou de celle de leurs collègues. Le travail est source de satisfaction et de reconnaissance sociale. Les problèmes occasionnent des frustrations qui à long terme peuvent retentir sur le corps. Des mécanismes psychiques conscients et inconscients entrent en jeu pour tolérer la violence mise en place à laquelle les individus se résignent.

La plupart des individus sauvent leur santé aux prix d'efforts décrits sous le terme de stratégies de défense individuelles mais également collectives. Quand une situation de travail recèle une menace pour l'intégrité physique ou psychique, les capacités d'action des salariés sont dépassées. Il faut faire avec la peur qui est incompatible avec la poursuite du travail. On lutte contre la peur : ce sont les pratiques de réassurance, de bravade, qui mettent en scène la capacité à faire face au risque.

Pour Christophe Dejours "Les stratégies collectives de défenses contribuent de façon décisive à la cohésion du collectif de travail, car travailler n'est pas uniquement avoir une activité c'est aussi vivre : vivre le rapport à la contrainte, vivre ensemble, affronter la résistance au réel, construire ensemble le sens du travail, de la situation et de la souffrance. "

Un contrôle collectif sur l'expression de la subjectivité de chaque individu concourt à exclure toute parole sur la peur ou toute expression de crainte ou d'allusion à l'appréhension face à un danger insuffisamment contrôlé. Les stratégies de défense contre la souffrance se manifestent par la marginalisation et l'exclusion de ceux qui ne s'y conforment pas.

Exemple : les concours chez les cadres toujours nommés les "cow boys", mettant en scène le cynisme, la capacité de faire toujours mieux en termes de licenciement collectif ("dégraissage" en jargon), de tenir les objectifs annoncés... Ils montrent leur capacité à faire la sale besogne et sortent grandis par l'admiration de leurs collègues.
La virilité joue un rôle majeur dans le zèle à faire le sale boulot. On fait partie des élites de l'entreprise.

La banalisation du mal

Elle est initiée par la manipulation politique de la menace de précarisation et d'exclusion sociale. La distorsion communicationnelle entretient la croyance que nous vivons dans une logique de guerre économique.

Selon Christophe Dejours, il se produit le clivage du moi : deux fonctionnements dans l'individu qui met ce dernier dans l'incapacité de penser au malheur d'autrui. Il fait par exemple référence à la personnalité de Adolf Eichmann, le normopathe, ainsi qu'aux travaux de Hannah Arendt : l'individu se met des œillères. Cela est plus facile pour celui qui n'est pas au contact direct avec la souffrance d'autrui, qui n'est pas à proximité immédiate et quotidienne du spectacle du travail (exemple : un PDG). Les salariés sont dans un monde lointain. Cet individu exerce une activité par exemple dans les bureaux d'une entreprise, dans une administration (garantie de l'emploi) ou un secteur d'activité qui n'est pas touché par la menace. C'est aussi celui qui ne connaît l'injustice que par le truchement d'autrui.

Les victimes des processus d'exclusion sont celles qui pour une raison ou une autre ne sont pas en mesure de contribuer au déni collectif qui sert à tenir au travail. Elles sont fréquemment dans un rapport plus authentique au travail et c'est pour cela qu'elles sont rejetées ou qu'elles ne peuvent pas réintégrer le travail.

Bibliographie

Notes et références

  1. http ://www. lexpansion. com/economie/actualite-entreprise/comment-virer-un-fonctionnaire_175885. html

Voir aussi

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 28/10/2010.
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